Être aidé

Permanences téléphoniques

Soutien psychique

Soutien juridique

Témoignages de familles

 

Emrys, victime du SBS à l’âge de 7 mois 1/2

 

Je suis maman de deux enfants. Une grande fille de 9 ans et un garçon de 6 ans.

Nos deux enfants ont été plus que désirés, et nous les choyons comme un prince et une princesse depuis le jour de leur naissance.

Mais le 19 septembre 2013, mon fils a été secoué par sa nourrice agréée.

Ma fille avait alors 4 ans et mon fils 7 mois.

Notre vie était idéale, deux magnifiques enfants, ma fille qui chouchoutait son petit frère, une famille comme j’en avais toujours rêvé.

Aujourd’hui, je veux parler de ma fille, de tout ce qu’elle a subi et de sa vie qui a entièrement été chamboulée.

Déjà, il y a eu le choc, à 4 ans, elle ne comprenait pas bien ce qu’il se passait. Malgré nos explications, tout ce qu’elle voyait c’est que papa et maman passaient beaucoup de temps à l’hôpital avec son petit frère et que nous lui manquions énormément.

Puis, 2 semaines après, on nous a retiré la garde de nos deux enfants.

Mais avant cette ignoble décision, la brigade des mineurs est allée la chercher dans sa propre classe, n’attendant même pas que ma mère arrive pour l’y emmener. Ils lui ont fait passer un scanner complet au service médico-légal de la police, entourée des drogués venant chercher leur dose avec heureusement ma mère qui était arrivée à ses côtés pour la rassurer.

Elle claquait des dents tellement elle avait peur.

Nous, pendant ce temps, nous étions placés en garde à vue.

Ensuite, après l’avoir interrogée pendant 4h, ils ont fait une entorse au règlement car ils étaient convaincus de notre innocence et nous ont autorisés à lui dire au revoir. Elle pleurait et les policiers me demandaient de ne pas craquer devant elle…

Bien évidemment, elle l’a terriblement mal vécu, ma mère, à qui elle avait été confiée en tant que tiers de confiance, me disait qu’elle pleurait et « réclamait ses parents, son petit frère et sa chambre de princesse », elle pensait que son frère était mort et s’inquiétait également de ce que l’on devenait.
Elle dormait très mal, faisait de terribles cauchemars, et des croix sur le calendrier pour compter les jours qui la séparaient de nous…
Nous n’avions aucun droit de lui parler ou d’aller la voir…
Cela a duré 3 semaines.

Quand nous l’avons récupéré, elle ne pouvait plus dormir seule, elle voulait que je m’allonge à ses côtés et avait toujours peur de nous perdre de nouveau…
Elle a dû subir toute la rééducation de son frère, une année complète pendant laquelle il a été hospitalisé, ressentit tout notre stress, nos peurs, notre tristesse, malgré tout ce que nous faisions pour la protéger au maximum…

Puis son frère est rentré à la maison, et ce n’était plus le même.
Il est hémiplégique du bras gauche, a des troubles du comportement et est hyperactif.
Depuis, elle subit les nuits agitées (son frère se lève tous les jours vers 4h ou 5h du matin), mais avant cela, elle a aussi subi ses nombreux réveils en pleine nuit, où il allait la réveiller, criant et allumant la lumière de sa chambre.

Quand le procès est arrivé il y a 1 an et demi, elle était terrorisée car nous avons dû la confier à mes parents le temps du procès. Elle avait peur que cela recommence…

A ce jour, sa relation avec son frère est compliquée. Il veut régulièrement la taper. Il chante ou crie très fort lorsqu’elle essaie de faire ses devoirs ou de se reposer.
Elle me dit régulièrement en pleurant qu’elle l’aime mais qu’il l’énerve et qu’elle ne sait pas comment s’y prendre avec lui.
Il n’y a pas longtemps, elle est rentrée de l’école triste et contrariée, une autre enfant lui avait dit « que son petit frère n’était pas très normal ».
De plus, Faustine vit mal le fait que l’an prochain Emrys devra rentrer dans une autre école primaire que la sienne puisqu’il intégrera une classe spécialisée dans une autre ville.

Nous avons réussi à la constituer partie civile car clairement, ce qu’a fait cette nourrice agréée a rendu la vie de ma fille bien plus compliquée.
Nous sommes fusionnelles, peut être trop, mais je ne la quitterai plus jamais, en tous les cas, tant qu’elle aura besoin de moi.

Carole, maman de Faustine et d’Emrys

Retour au sommaire des témoignages